Traditions des rameaux en Provence

Devant l’abbaye fortifiée de Saint-Victor, qui domine le Vieux-Port de Marseille, les rameaux d’oliviers sont bénits face à la mer.

Mais, en Provence, les Rameaux n’étaient pas qu’une cérémonie religieuse, ils avaient aussi la particularité d’être une fête pour les enfants qui recevaient ce jour-là, un « rameau » chargé de friandises.


Extrait de "La Provence à vivre" (https://provenceavivre.wordpress.com/)

“Ce rameau est un joli petit bâton de bois léger enguirlandé de papier doré, simulant une branche d’arbre avec des feuilles artificielles. Il porte régulièrement, à son extrémité supérieure, une grosse orange confite, et présente çà et là, attachées autour de ses branchettes, maintes friandises qui pendent comme des fruits. 

Il était offert aux enfants par leurs parrains, lors de la fête des Rameaux.

A la campagne et dans les familles pauvres, le rameau était plus modeste : une simple branchette d’olivier ou de laurier, à laquelle étaient suspendus un fruit ou un gâteau sec en forme de colombe ou de marmouset (petit homme) qu’en Provence on appelle coulomb ou estevenoun.

Ce rameau, garni de sucreries, de biscuits et de menus jouets, était bénit par le prêtre en même temps que les rameaux d’olivier présentés par les adultes. Ce n’est qu’après la messe que les enfants pouvaient croquer ces friandises.

Cette tradition était particulièrement bien implantée à Marseille, Arles et Toulon et était tolérée par l’Église.

Aujourd’hui, la coutume du rameau gourmand se perd. Elle ne survit que dans quelques rares familles. En 1585, lors d’un concile tenu à Aix-en-Provence, l’Église avait une première fois interdit cette tradition. Mais, cette condamnation fut sans effet, puisque le rameau des enfants est resté une véritable institution provençale jusqu’à la première moitié du XXe siècle. 

Il semble que ce soit une nouvelle interdiction de la bénédiction de ces rameaux profanes par les autorités ecclésiastiques, à la fin des années 1950, qui ait précipité la fin de cette savoureuse tradition. 

Les rameaux des enfants d’aujourd’hui se sont enrichis de plumes, de chocolats et de babioles, mais ils sont de plus en plus difficiles à trouver et nos enfants, « gâtés-pourris » de friandises et de jouets, non seulement à Noël mais toute l’année, sont désormais inaccessibles à l’émerveillement qui faisait briller les yeux des enfants d’autrefois, quand ces cadeaux étaient exceptionnels et rares.

RETOUR A  L'ACCUEIL

Commentaires

LE PODIUM - TOP 5 des 30 derniers jours :

Pourquoi reinventer le monde quand il s'affiche devant nous ?

Nouveau porte-avions français

La France perd un grand Republicain de gauche, Lionel Jospin

"Quelqu’un vient de s’enrichir considérablement"